HISTOIRE DU TIR A L'ARC


‘’ AUSSI LONGTEMPS QUE LA LUNE TRACERA DANS

 LE CIEL UN SPLENDIDE ARC, LE TIR A L’ARC

FASCINERA LE COEUR DES HOMMES ‘’

 

Maurice THOMPSON

 

 

Histoire du Tir à l’Arc

 

 

Le tir à l’arc est un noble art, qui remonte à la nuit des temps.

Ce fut dans l’antiquité une arme de chasse pour la survie humanitaire. Cette méthode de chasse est encore couramment utilisée de nos jours chez les aborigènes d’Afrique et d’Amazonie, ils s’en servent pour chasser le gibier nécessaire à leur subsistance.

Certains chercheurs situent l’apparition de l’arc entre les mains d’un homme, vers la fin de l’ère paléolithique, il y a environ 20 000 ans, voire même        30 000 ans. Des peintures rupestres que les évaluations datent de 10 000 ans avant JC, relevées sur les parois de grottes espagnoles, montrent des chasseurs armés d’un arc. Avant d’inventer l’arc lui-même l’homme lançait à la main, à l’aide de propulseurs, des ‘’ traits ‘’ armés de pointes en silex. Le passage du lancer à main nue au lancer à l’aide d’une arme se fit très lentement, il se fit peut-être, grâce à l’œil vigilant de l’homme observant la puissance d’un jeune arbre tendu par le vent ; on put constater ainsi qu’un homme faible disposant d’une arme plus longue pouvait lancer plus loin. Une fois cette leçon apprise, l’esprit inventif de l’homme a dû être hanté par l’élasticité du jeune arbre plié revenant à la position verticale. L’utilisation de la puissance de l’arbrisseau tendu tortura l’esprit humain jusqu’au jour ou il l’arracha de terre ; il détermina alors un point central, façonna des branches latérales grossièrement égales, dota ce bois tendu d’une sorte de corde nouée aux deux extrémités de manière à pouvoir le tendre.

L’homme admira donc cet arc entre ses mains.

La découverte de l’arc marqua un énorme progrès pour l’homme. Quand il sut maîtriser habilement la lente énergie de ses muscles pour la libérer de manière soudaine et efficace, il fut alors capable de chasser le gibier avec succès et, avec une relative sécurité, il put combattre ses ennemis à distance. Il est certain que le javelot fut antérieur à l’arc et que des os ou des pierres aiguisées en ornaient la pointe, mais la découverte de l’arc et des flèches avantagèrent définitivement l’archer. Non seulement il put attaquer l’adversaire retranché derrière une rangée de javelots, mais il était capable de se munir de plus de flèches que l’ennemi, de javelots.

Au moment où les premiers archers tirèrent leurs premières flèches, ils inventèrent une arme qui restera incontestée pendant des dizaines de milliers d’années.

Environ 3 000 ans avant JC, ce fut un instrument utilisé à des fins belliqueuses (armes de guerre redoutée, silencieuse et rapide ). Il y a lieu de rappeler les principales guerres suivantes : Crécy en 1346, Poitiers en 1356, Azincourt en 1415 ( ils étaient plus de 10 000 archers dans cette dernière bataille ).

Les premiers arcs étaient certainement construits en bois, en effet n’ayant pas résisté à l’épreuve du temps, il ne nous reste aujourd’hui que les pointes des flèches, en silex. Il a été retrouvé, dans les tombes d’Egyptiens, des arcs en bois de différentes qualités : bouleau, merisier, frêne, acacia, courts de section ronde et de faible puissance. En Orient, ils furent en bambou ou en mûrier. Les arcs recourbés utilisés par les Turcs, en bois laminé et en corne, représentaient une évolution technologique, dont le principe est toujours exploité de nos jours.

A cause du climat, les combattants étaient peu vêtus, donc très vulnérables, les flèches malgré leur faible puissance, devenaient redoutables.

Pendant plusieurs siècles, les Anglais se sont servis du ‘’ Long Bow ‘’, un arc droit de type très simple, avec lequel s’exerçaient encore il y a peu de temps tous les hommes de la famille royale.

Les Archers les plus habiles furent les Mongols, qui avec leurs arcs courts, sur leurs chevaux au galop, réussissaient à tirer leurs flèches avec une extrême précision. Ils fabriquaient leurs arcs, il y a 2 000 ans, à double courbure, dont les branches étaient composées d’une âme de bois centrale enserrée par deux lames de nerfs et de deux cornes de chèvre ou d’antilope, finement travaillées et souvent ornées.

Les Peaux-Rouges, avec leurs arcs en bois de faible niveau technique, faisaient également preuve d’une adresse exemplaire, principalement lors de la lutte contre la conquête de l’Ouest et de la chasse à leur principale denrée alimentaire : le Bison.

Depuis son apparition, le tir à l’arc n’a cessé de se pratiquer et de se perfectionner pour atteindre la haute technicité qui le caractérise aujourd’hui. Après être devenu, un engin de survie et de guerre redoutable, l’Arc est devenu un sport.

Lors de la Guerre de Cent Ans, les Anglais pourtant inférieurs en nombre remportent de nombreuses batailles grâce à leurs archers, plus précis et plus rapides que les arbalétriers Français. Aussi Charles V s’appliqua-t-il à développer dans tout le royaume des Compagnies d’Archers. C’est donc en 1448, que son petit-fils Charles VII crée le corps des Francs Archers, à vocation militaire. Ces archers, après avoir prêté serment, étaient tenus de s’entraîner et d’entretenir leur matériel, en échange de quoi, ils étaient exempts de l’impôt de la taille, ce qui leur a conféré l’appellation des ‘’ Francs Archers ‘’. En parallèle, apparaissent les confréries d’archers, d’ou le jeu d’arc devient une pratique noble, valorisante et codifié.

Les compagnies d’Archers ont toutes pour patron : Saint Sébastien, d’où les règles de la chevalerie de l’arc développent les notions d’honneur, de solidarité, de courtoisie et de bienséance.

A la révolution de 1789, les confréries des Francs-Archers sont dissoutes. Et c’est au XIXe siècle, qu’on commence à voir se restructurer les compagnies d’archers, notamment en Ile-de-France et en Picardie.

Le club de tir à l’arc le plus ancien est le Gran Sermeut Royal de Saint Sébastien. Crée en 1381 à Bruxelles à des fins militaires, il s’est tourné peu à peu vers le sport. Egalement digne d’être signalée : la Royal Toxophilite Society de Londres, aimablement surnommée la ‘’ Tox ‘’ en activité depuis 1787. L’origine de cette création de la ‘’Tox’’, était que vers l’année 1766, écrivit Roberts dans son livre ‘’ English Bowman ‘’, Mr Waring, qui cohabitait avec Sir Asthon Lever, à Leicester House, et qui peut être nommé à juste titre le père du tir à l’arc moderne, souffrait d’une oppression constante sur sa poitrine, car il travaillait beaucoup. Cette douleur venait principalement de ce qu’il était toujours assis trop près de son bureau et qu’il pressait trop son thorax. Il résolut donc d’expérimenter le tir à l’arc pour voir si cela lui apporterait quelque soulagement. Il s’en fit un exercice régulier, et en peu de temps sa santé s’améliora, ce qu’il attribua exclusivement à l’exercice du tir à l’arc. Sir Asthon Lever, voyant ces bons résultats, suivit l’exemple de Mr Waring, et se mit lui aussi à tirer à l’arc. Plusieurs de leurs amis en firent autant, et ensemble, ils créèrent cette société, sous le nom de Toxophilites ‘’ Amateurs de Tir à l’Arc ‘’. Dans le nouveau monde, la fondation du premier club remonte à 1828 et le premier championnat des Etats-Unis s’est disputé en 1879.

C’est en 1900 qu’eut lieu à Paris la première apparition de l’arc aux Jeux Olympiques. En 1928, la Fédération Française du Tir à l’Arc (FFTA), voit le jour. En 1931, cette discipline est à l’origine de la création de la Fédération Internationale.

Le Tir à l’Arc devient définitivement une discipline Olympique, en 1972.

En 1992, à Barcelone en Espagne, le Français Sébastien FLUTE, obtient la médaille d’or.

Aujourd’hui, la Fédération compte plus de 50 000 licenciés répartis dans un peu plus de 1 800 clubs dans l'hexagone, et le nombre de pratiquants est évalué à plus de 100 000.

SAINT SEBASTIEN

saint patron des archers

 

Fête le 20 janvier - martyr du 3ème siècle

St Sébastien, né à Narbonne, était originaire de Milan, où il fut élevé. Il quitta cette dernière ville pour aller à Rome. Il embrassa la profession des armes et fut élevé aux charges militaires. Ses premières vues n'avaient pas été pour cette profession; et il en eut toute sa vie de l'éloignement; mais le cher désir de servir les chrétiens dans les persécutions qu'on leur suscitait l'emporta sur son inclinaison. Comme en qualité de soldat il n'était point suspect, ses actions étaient moins observées, et il se conservait par là une plus grande liberté de vaquer aux oeuvres de charité sans donner ombrage aux païens. Il visitait ceux qui étaient dans les prisons pour la foie et les encourageait à souffrir. Il convertit même plusieurs idolâtres, qui reçurent le baptême, et furent couronnés par le martyre.

Dioclétien, devenu maître de l'empire, étant venu à Rome en 285, prit Sébastien en affection et lui donna la charge de capitaine de la première compagnie des gardes qu'il voulait laisser à Rome : ce saint s'était conduit avec tant de discrétion, que personne ne le soupçonnait encore d'être Chrétien. Il continua donc de servir l'église de Jésus-Christ comme il avait commencé; et pendant une violente persécution qui s'éleva contre les fidèles de Rome, plusieurs, encouragés par ses exhortations pleines de zèle, eurent le bonheur de mourir pour Jésus-christ. Pour lui, il était toujours prêt à les suivre, et il n'attendait que le moment où il plairait à Dieu de le faire connaître : c'est ce qui arrive en l'an 288.

On découvrit qu'il était Chrétien, et que c'était lui qui affermissait les autres contre la crainte des supplices et de la mort. L'empereur en fut averti. Il le fit venir et lui reprocha son peu de reconnaissance pour les bienfaits qu'il avait reçus de lui. Sébastien lui répondit qu'il n'avait point cessé de faire des prières pour sa personne et pour l'empire; mais qu'il les avait adressées à Dieu qui est au ciel, et à Jésus-Christ, et non à des idoles et à des pierres. Dioclétien, irrité de cette réponse, le mit entre les mains des archers et donna ordre qu'il fut attaché à un poteau et percé de flèches; ce qui fut exécuté sur-le-champ. On le laissa pour mort mais un sainte femme nommée Irène, qui vint pour l'enterrer, le trouva encore vivant: elle l'emmena dans sa maison où il fut en peu de temps guéri de toutes ses blessures.

Les Chrétiens qui venaient le voir le conjuraient de se retirer; mais il n'en voulut rien faire. Après avoir invoqué le secours de Dieu, il alla se placer sur un escalier par où l'empereur devait passer; et s'étant présenté devant lui, il lui reprocha avec liberté l'injustice qu'il commettait en persécutant les Chrétiens comme des ennemis de l'état, eux qui étaient les plus fidèles sujets, et qui priaient sans cesse pour sa prospérité; Dioclétien, qui le croyait mort, fut fort surpris de le voir, et pouvait à peine en croire ses yeux; mais le saint l'assura que c'était lui-même; que Jésus-Christ lui avait rendu la vie, afin qu'il vint protester devant tout le monde que c'était une extrême injustice de persécuter les chrétiens. L'empereur, ne pouvant soutenir de tels reproches, le fit assommé à coups de bâtons et son corps fut jeté dans un cloaque. Une femme chrétienne l'en retira et lui donna la sépulture. On bâtit depuis une église sur son tombeau. En 680 Rome fut délivrée de la grande peste par son intercession. C'est de là qu'est venue d'invoquer ce Saint en temps de peste.

Extrait d'un ouvrage du 19è siècle : la vie des saints

 


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